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Emballement climatique : pourquoi l'hiver que nous venons de connaître inquiète ?

Les températures moyennes augmentent nettement depuis la fin des années 1990 à l'échelle de la planète, avec un véritable emballement depuis 2015

 

Un hiver contrasté sur l'hémisphère nord

 

Cet hiver s'est montré particulièrement perturbé sur l'hémisphère nord mais également très contrasté. Des vagues de froid répétées ont en effet été observées de l'Alaska à l'est des États-Unis ainsi qu'entre le nord-est de l'Europe et la Sibérie, tandis que l'ouest de l'ouest de l'Europe a au contraire subit un temps durablement doux mais surtout exceptionnellement humide. En France, l'hiver 2025-2026 se classe ainsi parmi les dix hivers les plus arrosés depuis 1959 mais également au quatrième rang des hivers les plus doux depuis 1900.

 

Dans le même temps, on note que cet hiver 2025-2026 s'est montré également exceptionnellement doux du côté du pôle Nord avec des anomalies de températures souvent supérieures de 4 à 6°C aux normales sur cette région, parfois plus entre l'ouest du Groenland, l'extrême nord et l'extrême nord-est de la Russie.

Anomalies de températures entre décembre janvier et février – ClimateReanlyzer

 

En fait, toutes ses anomalies sont liées entre elles. En effet, les températures exceptionnellement élevées au pôle Nord ces derniers mois ont engendré un vortex polaire très perturbé ainsi qu'une circulation très méridionale du courant jet.

 

Si cette circulation bien plus au sud qu'à l'accoutumée a engendré des vagues de froid répétées sur l'Amérique du Nord, cette circulation d'ouest a au contraire provoqué un temps durablement humide et doux sur l'ouest du continent européen, tandis que les hautes pressions et le temps froid ont perduré plus au nord.

Anomalies de températures entre décembre janvier et février de l'Amérique du Nord à l'Europe – Climate Reanalyzer

 

Les signes d'un emballement climatique ?

 

Comme on peut le voir sur les cartes précédentes, ces températures sont loin d'être normales du côté du pôle Nord, souvent situées très au-dessus des moyennes. Or, ces anomalies « chaudes » sont de plus en plus récurrentes dans cette région du globe. En effet, de récentes études ont démontré que l'Arctique s'était réchauffée quatre fois plus vite que le reste du monde lors de ces 40 dernières années, ce qui rend plus probable la survenue de ces hivers anormalement doux, et des conséquences que cela implique sur d'autres régions du monde.

Augmentation des températures en Arctique depuis 1979 par rapport à la moyenne globale – AFP

 

De plus, le réchauffement climatique semble véritablement s'accélérer ces dernières années à travers le monde. Une étude de l'institut Berkely a par exemple démontré que le taux de réchauffement global avait quasiment doublé durant la dernière décennie.

 

Si celui-ci se situait autour de +0,20°C en moyenne par décennie entre 1970 et 2015, ce même taux s'est élevé à +0,35°C durant la décennie 2015-2025, marquant donc une accélération statistiquement significative depuis environ 10 ans. Il est d'ailleurs important de noter que les 10 années les plus chaudes depuis le début des relevés en 1880 ont été observées depuis 2015 à l'échelle du globe, 2024 arrivant en tête.

Accélération du taux de réchauffement climatique depuis 2015 – Berkeley et Serge Zaka

 

Ainsi, il est probable que cet hiver 2025-2026 soit un marqueur d'un emballement climatique à l'échelle globale. Des hivers anormalement doux du côté du pôle Nord ont pour effet de fortement et durablement perturber le vortex polaire, ce qui engendre un courant jet très ondulant mais également très méridional comme ce fut le cas ces derniers mois.

 

Or, ce phénomène a pour conséquence d'entraîner des hivers très perturbés à l'échelle de l'hémisphère Nord comme on a pu le voir cet hiver avec des régions subissant des assauts répétés du froid tandis que d'autres connaissent au contraire un temps anormalement humide et trop régulièrement doux, comme ce fut le cas sur l'ouest de l'Europe et la France. Il est ainsi probable que ce type d'hiver devienne de plus en plus fréquent à l'avenir dans cette dynamique d'emballement climatique.

 

Si certaines régions pourront ainsi connaître des hivers plus rigoureux, d'autres secteurs devraient à l'inverse connaître des hivers plus doux et plus perturbés comme l'ouest de l'Europe en raison de l'influence de l'Atlantique. C'est d'ailleurs vers ce scénario que s'orientent la majorité des projections climatiques en France : des hivers potentiellement très humides et perturbés mais également plus régulièrement doux.

 

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Auteur : Tristan Bergen

Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Montpellier