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Bilan de janvier 2026 : un froid balayé par l'humidité et les intempéries

Notre mémoire météorologique est assez défaillante, surtout en ce qui concerne ce mois de janvier.  Si nous nous souvenons tous de la neige et du froid, cet épisode n’a été que de courte durée. Un courant océanique beaucoup plus doux l’a rapidement remplacé, rétablissant ainsi l’équilibre.  Il est intéressant de noter que les températures moyennes de ce mois en France sont légèrement supérieures à la normale sur les trois-quarts du pays..

 

 

Des températures autour des normales, malgré le froid du début

 

Avec un indicateur thermique national de 5.8°C, ce mois de janvier 2026 finit très légèrement au-dessus des moyennes de saison (+0.3°C). Une valeur bien éloignée des extrêmes observés en janvier 2018 (anomalie de +2.9°C) et surtout de janvier 1963, le plus froid observé en un siècle (anomalie de -6.9°C).

 


Moyenne de l'indicateur thermique national en janvier depuis 1946 - Infoclimat

 

Pourtant, les tous premiers jours de ce mois ont été particulièrement hivernaux. Des températures froides voire très froides (très proches de l'atteinte des seuils de la vague de froid) au cours de la première décade, et des valeurs qui n'avaient plus été observées en France depuis 2018. Du 1er au 11 janvier, l'anomalie nationale était de -3.6°C. Les journées du 5 et du 6 janvier ont été glaciales (indicateur thermique négatif, et anomalie atteignant -6.7°C), avec des températures chutant sous les -10°C en de nombreuses régions. Plusieurs jours sans dégel ont été observés notamment dans le Nord-Est (>>), et des chutes de neige remarquables ont été observées par endroit (jusqu'à 10cm à Paris et même 30cm en Charente-Maritime >>). 

Mais les conditions se sont inversées radicalement à partir du 12 janvier, date à laquelle les températures ne sont plus redescendues sous les moyennes. Des températures radoucies en raison d'un flux fréquemment orienté Ouest à Sud-Ouest, faisant disparaitre les gelées en plaine. Du 12 au 31 janvier, l'anomalie nationale a été en moyenne de +2.1°C, suffisant pour compenser le froid du tout début de mois. 

 


Anomalie de la température quotidienne en janvier 2024 en France - écart à la moyenne 1991-2020 - Infoclimat

 

La période froide du début de mois a toutefois fortement pesé dans la balance sur certaines régions, qui finissent dans le négatif pour ce mois de janvier. C'est notamment le cas en Alsace et Lorraine (-0.3°C à Metz, -0.5°C à Strasbourg), mais également dans le Jura et sur le sud des Alpes (sur le réseau secondaire, jusqu'à -1.6°C à Pontarlier (Doubs), et -1.7° à Saint-Véran (Hautes-Alpes)). 

Si l'équilibre a été atteint sur la façade Atlantique, en Occitanie ou encore sur la Provence, la douceur a pris plus sensiblement le dessus sur le bassin parisien, en Centre-Val-de-Loire ou encore en Normandie avec des excédents approchant voire dépassant localement +1°C (jusqu'à +0.6°C à Paris, +1.0°C à Chartres, et même +1.6°C au Mans). 

 

 

 

Une pluviométrie excédentaire en raison du courant océanique

 

Ce mois de janvier a été assez nettement arrosé, au point de finir sur un excédent de +37% sur notre panel national de stations.

En effet, une multitude de perturbations ont balayé toutes les régions de l'Ouest et du Sud du pays ces dernières semaines, apportant son lot quotidien de précipitations. Dans la nuit du 7 au 8 janvier, la tempête Goretti a traversé le Nord-Ouest, avec de violentes rafales sur l'ensemble des côtes de la Manche (161km/h à Cherbourg-Gonneville ou encore 147km/h à Caen >>).

Au final, la façade Atlantique et notamment la Bretagne ont été particulièrement touchées par ces fortes pluies à répétition (il a plu 2 jours sur 3 sur la Bretagne), aboutissant à des crues notables en fin de mois (>>). On note dès lors un excédent de +122% à Lorient et +124% pour Brest (où il s'agit du mois de janvier le plus pluvieux dans le Finistère depuis 1959).


Mais tout le quart Sud-Ouest ainsi que le pourtour Méditerranéen n'ont pas été épargnés avec là aussi une humidité récurrente. La Corse-du-Sud et l'Aude ont vécu leur mois de janvier le plus pluvieux depuis plus de 65 ans. Si l'on observe entre +60 et +100% d'excédent dans le Sud-Ouest, les cumuls ont été parfois exceptionnels sur le Languedoc-Roussillon avec l'équivalent de 3 à 6 mois de pluie sur certaines stations (+347% à Perpignan, +350% à Narbonne, +406% à St-Jean-de-Minervois, et même près de +700% dans l'Aude à Argeliers). 

Les régions de l'Est et du Nord-Est ne peuvent pas en dire autant, avec un temps sensiblement plus sec en ce mois de janvier. Le déficit atteint -20 à -30% sur plusieurs stations, voire même -39% à Troyes, -52% à Melun et -54% à Saint-André-en-Terre-Plaine (Yonne)

 

 

En termes de cumul, ces anomalies se traduisent par des valeurs dépassant les 100 à 150mm sur la plupart des départements allant de la Bretagne aux Pyrénées, ainsi que sur le littoral Provençal et l'Ouest de la Corse. Sur notre panel, nous grimpons jusqu'à 242mm à Lorient, 269mm à Perpignan et 319mm à Brest. A noter des pluies remarquables le 27 sur la côte d'Azur avec 128mm à Antibes et 85mm à Nice, un record en 24 heures pour ces deux villes au mois de janvier. 

Mais les cumuls sont encore plus exceptionnels sur le réseau secondaire en Corse et sur les Cévennes avec 464mm à Castanet-le-Haut (Hérault) et même 636mm à Zonza (Corse-du-Sud). De nombreuses stations de l'Aude et des Pyrénées-Orientales dépassent les 150-200mm sur ce mois, permettant de stopper définitivement la sécheresse vécue ces dernières années dans le secteur (>>).

Vers l'Est et le Nord-Est, ces précipitations ont été plus rares avec des cumuls peinant à franchir les 70mm sur notre panel. Pour plusieurs stations, nous n'avons pas franchi les 50mm (47mm à Paris, 33mm à Strasbourg, 25mm à Clermont-Ferrand et Melun). Le cumul national minimum du mois est pour Auxerre avec seulement 20mm.

 

 

 

Un ensoleillement très différent d'une région à l'autre

 

Malgré cette humidité, l'ensoleillement se montre très contrasté selon les régions (bilan national de -5% sur notre panel de stations). 

Sous ce temps très perturbé, la grisaille a été fréquente du côté de la Bretagne (-38% à Brest), en Hauts-de-France (-22% au Touquet), dans le Grand-Est (-43% à Nancy), ou encore en Bourgogne (-44% à Dijon). Dans toute la moitié Sud, le soleil a lui aussi été bien discret avec un déficit de -15 à -25% en moyenne (-23% à Montpellier, -26% à Saint-Girons), atteignant même -45% à Ajaccio

D'autres zones ont toutefois pu bénéficier d'un ensoleillement plus généreux qu'à l'accoutumée. C'est notamment le cas du côté des Pays de la Loire (jusqu'à +33% à Angers), sur la Normandie (+17% à Caen), sur l'Ouest de l'Ile-de-France (+23% à Paris), mais également sur le Lyonnais et en Val de Saône où les nuages bas ont été assez rares (+27% à Mâcon, +32% à Lyon). 

 

 

Malgré une anomalie d'ensoleillement négative au Sud, ce sont toujours les régions du Sud-Est et près de la Méditerranée qui ont pourtant pu profiter du soleil plus durablement qu'ailleurs. On relève sur ces secteurs plus de 100 heures de soleil en cumulé, jusqu'à 127h à Marseille-Marignane, ou encore 151h à Nice

Si l'on note entre 70 et 90h en moyenne des Pays de la Loire au Pyrénées, et même de 90 à 100h sur l'Auvergne et Rhône-Alpes, c'est dans le Nord-Est où l'ensoleillement a été le plus faible en janvier. En Hauts-de-France et Grand-Est, certaines villes n'ont pas dépassé les 50 heures : seulement 48h au Touquet et à Troyes, 31h à Charleville-Mézières et 30 heures pour Nancy. 

 

 

Récapitulatif : 

 

 

PANEL DE 73 STATIONS

Température – pluviométrie – ensoleillement :
Agen, Ajaccio, Albi, Alençon, Angers, Aurillac, Bastia, Beauvais, Bergerac, Besançon, Biarritz, Bordeaux, Bourg-Saint-Maurice, Bourges, Brest, Brive, Caen, Calais, Charleville-Mézières, Chartres, Châteauroux, Cherbourg, Clermont-Ferrand, Cognac, Colmar, Dijon, Embrun, La-Roche-sur-Yon, Langres, Le Mans, Le-Puy-en-Velay, Le Touquet, Limoges, Lorient, Luxeuil, Lyon-Bron, Mâcon, Marseille-Marignane, Millau, Mont-de-Marsan, Montélimar, Montpellier, Nancy-Essey, Nantes, Nevers, Nice, Nîmes-Courbessac, Orléans, Paris-Montsouris, Perpignan, Poitiers, Rennes, Saint-Brieuc, Saint-Etienne, Saint-Dizier, Saint-Auban, Saint-Geoirs (Grenoble), Saint-Girons, Saint-Quentin, Strasbourg, Rouen, Tarbes, Toulouse-Blagnac, Tours, Troyes.

 

Température – pluviométrie (absence partielle ou totale de données d’ensoleillement) :
Abbeville, Carcassonne, Lille, Melun, Metz, Niort, Hyères, Romorantin.

 

Auteurs : équipe de meteo-villes.com

Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Montpellier