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Bilan de février 2026 : entre record de douceur et inondations !

Comme à chaque début de mois, nous vous proposons un nouveau bilan climatologique. Place désormais au bilan cartographié de FÉVRIER 2026 en termes de température, pluviométrie et ensoleillement sur un panel de 73 stations*. Les anomalies présentées sont calculées à partir des moyennes climatiques de la période de référence 1991-2020 sur l'ensemble des stations du panel.

 

Une incroyable douceur ininterrompue ! 

Avec un indicateur thermique national de 9.60°C, ce mois de février 2026 a été marqué par une douceur incroyable. En effet, il s'agit d'une anomalie exceptionnelle de +3.50°C par rapport à la moyenne 1991-2020 ! Février 2026 se place dès lors au second rang des plus doux mesurés en France, juste derrière le record de février 1990 (anomalie de +3.99°C), et devançant de peu février 2024 (+3.45°C).


Moyenne de l'indicateur thermique national en février depuis 1946 - Infoclimat

 

Fait lui aussi remarquable : aucune journée n'a été sous les moyennes de saison ! Ce sont donc 28 journées ininterrompues de douceur qui ont été observées au cours du mois, avec souvent plusieurs degrés d'excédent. En point d'orgue, la journée du 11 février où nous étions 6.4°C au-dessus des températures habituellement mesurées à cette date.

Durant ce mois, de nombreux records de douceur pour un mois de février ont été battus notamment entre les 24 et 25 février (>>). Les 25°C ont été approchés sur la moitié Nord, et la barre incroyable des 30°C a été frôlée au pied des Pyrénées (29.5°C à Saint-Gladie le 24), telle une journée de plein été.

 


Anomalie de la température quotidienne en février 2026 en France - écart à la moyenne 1991-2020 - Infoclimat

 


Records mensuels de douceur ou chaleur battus en France le 25 février 2026 - Météociel

 

Aucune station du territoire métropolitain n'a terminé sous les moyennes de saison. Pire encore, l'anomalie la plus basse est de +1.3°C, pour la station de l'Alpe d'Huez (Isère). Si l'anomalie est comprise entre +2 et +3°C en Provence, Corse, sur les Alpes et le long des côtes de la Manche, il n'est pas rare de dépasser les +4°C du Massif-Central à la Bourgogne-Franche-Comté et sur le Centre-Val-de-Loire.

Sur notre panel, nous atteignons jusqu'à +3.8°C à Paris, +4.5°C pour Bourges, Romorantin ou encore DIjonn, et même +4.6°C à Nevers. Mais les extrêmes dépassent les +5°C d'anomalie sur le réseau secondaire : +5.0°C à Arbent (Ain) et +5.1°C à Moutiers (Yonne)

 

Une pluviométrie record et de graves inondations ! 

Outre la douceur, c'est surtout la pluie qui a fait l'actualité au cours du mois de février (et qui par ailleurs a limité le ressenti de douceur). Un mois de février qui s'est avéré historique : avec un cumul national agrégé de 144.7mm, l'excédent pluviométrique a atteint +115%, aboutissant au mois de février le plus humide jamais mesuré en France (début de la série en 1959). Nous dépassons le précédent record détenu par février 1970 (137.8mm, soit +104% d'anomalie). 

 

Les dépressions et les fronts océaniques se sont succédé durant l'intégralité du mois. Un flux excessivement humide et agité, marqué entre autres par le passage de la tempête Nils et ses vents à plus de 180km/h le 12 février (>>), ou encore de la tempête Pedro les 18 et 19 février (>>). Toutes ces précipitations n'ont pas été sans conséquences. Outre les abondantes chutes de neige notamment sur les Alpes ayant provoqué des avalanches parfois meurtrières (>>), ce sont surtout les inondations qui ont fait parler d'elles. La majorité des cours d'eau de l'Ouest du pays sont entré en crue, avec parfois des débordements dommageables sur la Garonne Marmandaise et Girondine, la Loire Saumuroise, les basses vallées Angevines ou encore la Charente, toutes placés en vigilance rouge durant plusieurs jours (>>).

 

Excepté le Roussillon (-7% à Perpignan, -69% à Serralongue), certaines stations Corses (-55% à Oletta, -8% à Calvi) ou encore dans le Calaisis (-4% à Calais), tout le reste du pays a récolté bien plus de précipitations qu'un mois de février normal. Sur la quasi-intégralité de l'Ouest du pays et dans l'intérieur Provençal, il n'est pas rare d'avoir eu deux à trois fois le cumul mensuel habituel : nous grimpons jusqu'à +167% à Paris, +206% à Toulouse, +257% à Marseille-Marignane, +276% à Millau et même +283% à Durenque (Aveyron).

 

Si sur l'Est de la France, le cumul est fréquemment inférieur à 100mm à quelques exceptions près, nous franchissons allègrement ce seuil sur la moitié Ouest du pays pour ce mois de février, et ceci de manière généralisé, expliquant ces inondations. Sur le Limousin, en Bretagne ou encore dans les Pyrénées, nous approchons voire dépassons les 200mm cumulés sur notre panel (191mm à Saint-Girons, 201mm à Limoges, 218mm à Lorient, 220mm à Brest). Sur le réseau secondaire, plusieurs dizaines de stations dépassent même les 300mm sur les différents reliefs montagneux du pays ainsi qu'en Limousin. La station la plus arrosée est toutefois pour Le Lioran (Cantal) avec un cumul remarquable de 506.7mm.

 

Pour les secteurs les plus épargnés, il fallait se situer autour de la Limagne (43mm à Clermont-Ferrand), dans le Roussillon (38mm à Perpignan, 17mm à Serralongue), ou encore dans l'extrême Nord avec 45mm pour Calais

 

 

Un soleil aux abonnés absents !

 

Qui dit influence océanique, dit grisaille omniprésente. En effet, ce mois de février a été relativement peu ensoleillé, avec un déficit qui atteint -19% sur notre panel national de stations. 


Et les secteurs ayant approché ou atteint leur norme mensuelle sont bien rares... Ils se limitent à la région Parisienne (+1% à Paris-Montsouris), sur Lyon (+4%) ou encore autour de Grenoble (+11%)... Partout ailleurs, le déficit est notable, allant même de -25 à -45% du Languedoc à la Bretagne en passant par les Pays de la Loire ou le Limousin (-42% à Limoges, -41% à la Roche-sur-Yon, -35% à Brest, -29% à Nîmes). Le Grand-Est et notamment l'Alsace ainsi que la Lorraine ne sont pas épargnés avec -46% à Strasbourg ou encore -28% à Nancy.  

 

Seules les régions les plus au Sud sont parvenues à obtenir plus de 100 heures de soleil au cours du mois (Occitanie, Provence, Côte d'Azur, Rhône-Alpes, Corse). Les maximums ont été observés à Bastia (150h), Marseille (153h) et Nice (154h)

Partout ailleurs, la moyenne n'a pas dépassé les 3 à 4 heures de soleil par jour, notamment sur la moitié Nord. Par endroit, les valeurs d'ensoleillement sont même bien faibles, ne dépassant pas les 60 heures : 58h à Nancy, 53h à Brest, 52h à Calais, 51h à Cherbourg, 50h au Touquet, et un minimum de 49 heures pour Charleville-Mézières

 

Récapitulatif : 

 

 

PANEL DE 73 STATIONS

Température – pluviométrie – ensoleillement :
Agen, Albi, Alençon, Angers, Aurillac, Bastia, Beauvais, Bergerac, Besançon, Biarritz, Bordeaux, Bourg-Saint-Maurice, Bourges, Brest, Brive, Caen, Calais, Charleville-Mézières, Chartres, Châteauroux, Cherbourg, Clermont-Ferrand, Cognac, Colmar, Dijon, Embrun, La-Roche-sur-Yon, Langres, Le Mans, Le-Puy-en-Velay, Le Touquet, Limoges, Lorient, Luxeuil, Lyon-Bron, Mâcon, Marseille-Marignane, Melun, Millau, Mont-de-Marsan, Montélimar, Montpellier, Nancy-Essey, Nantes, Nevers, Nice, Nîmes-Courbessac, Niort, Orléans, Paris-Montsouris, Perpignan, Poitiers, Rennes, Saint-Brieuc, Saint-Etienne, Saint-Dizier, Saint-Auban, Saint-Geoirs (Grenoble), Saint-Girons, Saint-Quentin, Strasbourg, Rouen, Tarbes, Toulouse-Blagnac, Tours, Troyes.

 

Température – pluviométrie (absence partielle ou totale de données d’ensoleillement) :
Abbeville, Ajaccio, Carcassonne, Lille, Metz, Hyères, Romorantin.

Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Montpellier