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Après la guerre, l’épreuve du grand froid de l’hiver 47-48

Neige à Paris - Place de l'Opéra - fin février 1948 - archives meteo-paris.com

 

 

Une descente froide polaire particulièrement puissante

 

À la fin de janvier et au début de février 1948, une puissante cellule anticyclonique s’installe sur la Scandinavie et l’Europe du Nord. Cette configuration bloque les perturbations atlantiques et favorise un flux persistant d’air continental très froid en provenance d’Europe orientale et de Russie. Les masses d’air, sèches et glaciales, s’étendent vers l’ouest et le sud-ouest du continent.

L'air glacial qui descend de la mer baltique vers la France, le 20 février 1948 - Source : Wetterzentrale 

 

 

Une vague de froid intense à la fin du mois de février

 

Du 20 au 27 février 1948 : le froid et la neige envahissent toute la France - la Bretagne est particulièrement concernée par cette offensive hivernale et la température descend à -13° à Brest où la ville est recouverte d’un épais manteau blanc.


Les 22 et 23 février 1948 , une tempête de neige d’une rare violence paralyse la moitié nord. La température descend à -20°C à Clermont-Ferrand et -10 à -12°C en Ile-de-France. La neige atteint même la Côte d’Azur. Les maximales restent fréquemment négatives pendant plusieurs jours consécutifs, et le froid est accentué par des vents parfois soutenus, augmentant la sensation de gel.

 

Évolution des températures à Paris au cours du mois de février 1948 - source : site meteo-climat

 

 

La capitale ainsi que d'autres grandes villes françaises sont paralysées 


La neige, parfois abondante, persiste au sol en raison des températures durablement négatives. Dans certaines zones, les cours d’eau gèlent partiellement et les sols restent pris par le gel sur une profondeur inhabituelle. Des chasse-neige font leur apparition dans les rues de Paris où la circulation devient praticable impraticable… La paralysie de la Capitale est donc un sujet majeur. 

 

L'utilisation de chasse-neige devenue nécessaire dans Paris à la fin du mois de février 1948 - archives meteo-paris.com

 

 

Pénuries de charbon et infrastructures fragilisées 


La vague de froid de février 1948 survient dans un contexte d’après-guerre marqué par des infrastructures fragilisées et des pénuries, notamment de charbon et de combustible. Les transports ferroviaires et routiers sont fortement perturbés par la neige et le gel. L’approvisionnement en énergie devient difficile dans plusieurs régions, entraînant des coupures de chauffage. Sur le plan humain, le froid intense provoque une surmortalité, en particulier parmi les populations les plus vulnérables. L’agriculture subit également des dégâts notables, avec des cultures et des arbres fruitiers affectés par le gel prolongé.

 

Une circulation difficile sur la place de la Concorde à la fin du mois de février 1948 - archives meteo-paris.com

 


La vague de froid de février 1948 est souvent associée, dans les archives météorologiques, au « grand hiver 1947-1948 ». Elle demeure une référence pour l’étude des épisodes de froid extrême en Europe de l’Ouest, tant par sa durée que par son intensité et ses impacts socio-économiques.

 

 

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Auteur :  Guillaume Séchet

Photo de Guillaume SECHETHistoire du site Météo Montpellier